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lundi 24 mars 2008

Autrement pour économiser quoi au juste?

Ce soir, à l'ineffable émission radio-canadienne L'heure des comptes, le seul magazine économique de la société d'État, on a dévolu un long moment au collectif Économie Autrement, un groupe qui essentiellement s'insurge contre la "vision néolibérale" des choses qui semble-t-il domine l'espace public. Eh bé. Mettons.

Passons sur l'incongruité du fait de gaspiller 10 minutes d'une émission marginale (la seule!) qui traite d'économie pour laisser le micro à des "intellectuels" qui soutiennent sans rire que l'économie est ni plus ni moins qu'une invention sociale. Déjà, l'animateur Jean Racine, qui comprend généralement à peine l'objet de son propos et qui ne cache pas son aversion pour la "business" ne m'était pas très crédible à mes yeux, mais là, ça dépasse les bornes.

Il faut du culot pour soutenir que nous vivons dans un monde où le "libéralisme" (habituellement confondu avec le néo-libéralisme, ou même le laissez-faire) domine. Voyons. Notre économie est au contraire, hyper-régulée de tous bords tous côtés. Nous avons ministères par-dessus agences, autorités, lois et règlements à ne plus finir pour intervenir sans arrêt dans l'économie. C'est pareil aux USA, apparemment le paradis des libéraux. Hé ho! Get real! Voyez la réalité en face! Le laissez-faire, le libéralisme pur et dur, ça n'existe plus en Occident depuis 1929 et plus personne n'en désire le retour à part peut-être les radicaux du Québécois Libre.

Pourtant, on aime ça sur la gauche nous faire croire que nous sommes aux portes de l'Enfer à droite. Enfin.

Économie Autrement nous reproche de croire que les lois économiques ne sont au fond que des construction sociales. Soit. Mais lorsqu'on réfléchit un peu, on constate que les bases de la pensée économique humaine sont plutôt universelles: la demande et l'offre. Les contraintes de l'une et de l'autres elles sont bien humaines, mais n'empêche, ce n'est pas néo-libéral de reconnaître l'existence de ces bases.

Si on laisse généralement aux humains le loisir d'apparier l'offre à la demande, on pratique un libre-marché. Sinon, on est plus ou moins dans un contexte d'économie dirigée, style Cuba. Pas compliqué. Rejeter en bloc le libre-marché, bin c'est plus ou moins prôner une économie à la cubaine. Il n'y a pas 56 possibilités. CQFD.

Accepter généralement le libre-marché ne signifie pas adopter un ultra-libéralisme! Je le répète, aucune société occidentale contemporaine ne pratique une telle politique économique. Nous visons tous dans une variante d'économie plus ou moins néo-libérale où le libre-marché opère sous les auspices plus ou moins attentives de l'État.

Soutenir le contraire c'est faire preuve d'une ignorance crasse ou d'une malhonnêteté intellectuelle désolante. Je vous laisse le loisir de lire le document du collectif en question, on y trouve des perles divertissantes en plus d'une liste d'"économistes" qui se définissent comme détenteurs d'un diplôme universitaire en économie (Adam Smith serait content).

La joie que suscite cette époque aussi formidable me submerge.

samedi 13 octobre 2007

Virée Danoise



  • Jet-setter, globetrotter, homme du monde, mettez-en, c'est pas de l'onguent.

    Je suis maintenant à Copenhagen, Danemark , pour un congrès relié à mon boulot et ce pour une semaine. Effectivement, ça aurait pu être Boring, MI ou Nowhere, OK mais bon.

    Voici quelques informations et impressions concernant ce paradis social-démocrate scandinave dont le modèle pourrait un jour remplacer le sacro-saint modèle québécois, s'il n'en tenait qu'aux "progressistes" éclairés qui squattent notre espace public.

    Le métro est super beau, efficicace, cher et... entièrement automatisé. Pas l'ombre d'un syndiqué au guichet ou dans la cabine du conducteur, il y en a même pas de cabine. Imaginez-vous le syndicat CA.OM.SC accepter ça pour le bénéfice des usagers?

  • Le système de santé, d'excellente qualité, est à deux vitesses avec la possibilité pour ceux qui sont prêts à payer d'avoir des rendez-vous avec un médecin dans la journée. Les autres, bin, ils attendent.

  • Oui, le système d'éducation est entièrement gratuit. Par contre, le taux marginal d'imposition frise les 68% et se loger à Copenhague, bin c'est comme plus dur que de trouver un appartement sur le Plateau. En bas de $500 000, oublie ça.

  • Il y a des vélos partout. Les rues sont partagées avec des chaussées distinctes, les gens laissent leurs vélos stationnés partout, souvent sans cadenas. Par contre, pour éviter que les intégristes environnementaux ne s'emballent, les distances ici sont beaucoup plus courtes, la plupart des gens habitent très près de leur lieux de travail et beaucoup de gens ont aussi une voiture. L'essence coûte environ 2$ le litre. Les voitures coûtent presque 3 fois plus cher qu'au Canada à cause des taxes spéciales qui s'additionnent.

  • Service compris! Comme à bien des endroits en europe, toutes les taxes (25%!) et le service sont compris dans les prix. Ce que ça veut dire bien sûr c'est que du service, il y en a très peu, il faut aller commander soi-même au bar voire débarasser sa table soi-même...

  • Copenhagen est possiblement l'endroit le plus dangereux au monde pour faire des jokes de blondes. ELLES SONT PARTOUT! C'en est banal d'être grande, mince et blonde, alors les femmes sont stylées disons pas à peu près, au grand bonheur des touristes avides d'exotisme ;-)

  • Le Danemark est une société très disciplinée et ordonnée. à preuve:

  • L'anglais est très présent et pas juste dans les zones touristiques. La plupart des danois (enfin, à Copenhague) se débrouillent très bien. Aucun problème à affichier l'anglais en public ou à faire des menus bilingues, par exemple.

  • La culture des danois est importante, mais elle a un prix. L'État prélève des frais de licence annuels pour chaque télé ou radio que les citoyens possèdent. On parle de 450$ par année, c'est pas symbolique. Cet argent est réinvesti dans la production de contenu danois. 450$... je pense que ça n'équivaut pas à ce que le québécois moyen investi en produits culturels chaque année. Il n'y a rien de gratuit, finalement.

  • Le système de chômage est très généreux. On parle de 90% du salaire. Certains citoyens prennent donc l'été off pour se remettre à travailler en septembre, même si les gens disposent de quoi, 6 semaines de vacances par an plus divers congés statuaires. C'est trop beau pour être vrai! Certaines restrictions s'appliquent en effet, dont 52 semaines d'emploi préalable.

  • Le Danemark est actif en Afghanistan, avec l'OTAN.

Est-ce que je déménagerais mes pénates au Danemark? Sûrement. La qualité de vie est vraiment bonne ici. Mais la société est très homogène, très rigide. Si on peut blâmer la ville de Québec d'avoir un esprit de clocher, ici c'est 10 fois, non, 20 fois pire. Il faut être prêt à ça.


Il faut aussi y penser à deux fois avant de prendre tout ce que le Prof. Lauzon peut nous déblatérer sur le fameux modèle scandinave. Tout ça a un prix et n'est pas forcément transposable dans notre réalité.


Par exemple:




C’est drôle qu’avec un taux de syndicalisation d’environ 80% dans des pays
comme la Suède et le Danemark, contre seulement 34% au Canada et 38% au
Québec, ces pays sont nettement plus performants que le Canada, qui se
classe au seizième rang mondial.


Encore faut-il que les syndicats acceptent le genre de truc que les employés de métro à Copenhague font, c'est-à-dire ne pas s'occuper de changer des billets ou conduire des rames!


J'ai toujours pensé que Québec était un endroit idéal pour la retraite. Peut-être que ce sera Copenhague, finalement? ;-)

vendredi 27 avril 2007

Wii Are Niaising You

Avez-vous un Wii? Si oui, bravo. Vous êtes soit persistant, soit chanceux, ou les deux. Parce que voyez-vous, un Wii de Nintendo, c'est aussi rare qu'un député du PQ.

Nous essayons désespérément de satisfaire les envies ludiques légitimes de notre fils, Nintendodivore confirmé depuis les couches de taille 4, sans succès. Ni Best Buy, Futureshop, EBGames ou ni même Wal-Mart ne semblent en avoir en stock au moment où nous conjugons le temps et l'espace nécessaire pour se faire dire "non, pas de Wii". Frustrant.

Me semble que ça a pas de bon sens. Nintendo fait de l'argent en vendant des jeux. Plus il y a de consoles en circulation, plus ils vendent de jeux. Ça m'apparaît élémentaire mais la logique japonaise doit m'échapper.

Paraît-il que M. Iwata, le président de l'entreprise, a enfin admis que son organisation avait possiblement "été incapable de prévoir la demande" pour son produit. Hé ho, Mr. Roboto, C'EST UN ÉCHEC LAMENTABLE, ÉPAIS. WAKE-UP!!!

Si j'étais actionnaire je serais en furie (Nintendo est cotée en bourse). Or, son action est en hausse continuelle. C'est le comble!!! J'en reviens pas. Les voies du marketing sont impénétrables, faut croire, à moins qu'on puisse crier au complot. Ce qui est clair cependant, c'est que plein de petits futés se font des petits sidelines attrayants en vendant des Wii sur eBay. C'est mon fils qui sera enfin content.

C'est une époque formidable.